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4 + 4 = 16 potes qui forment Antistatique

Il y a huit ans, ils n’étaient que trois jeunes fraichement diplômés désirant appliquer ce qu’ils avaient pu apprendre sur les bancs de l’école. Aujourd’hui, ils sont seize amis en constante quête de nouveaux mandats, répartis entre Lausanne et Genève. Rencontre avec les fondateurs de l’agence web Antistatique au Cercle des Bains, quelques heures à peine avant de fêter leur anniversaire lors d’une fête intitulée « 4+4 ».

« Tout ce que nous voulions, c’était de pouvoir mettre en pratique nos connaissances ! » Alberto Gomez est l’un des fondateurs d’Antistatique avec Gilles Doge et Marc Friederich et ils n’y sont pas allés par quatre chemins. A peine âgés de 24 ans, ces compères, rencontrés sur les bancs de l’école, ont commencé l’aventure : ils ne s’attendaient sans doute pas à leur réussite actuelle.

« Au départ, nous avions juste l’envie de bosser entre potes. Je ne me considère même pas comme un entrepreneur. Ce mot est très ronflant, je n’aime pas me présenter comme cela », nous confie d’emblée Alberto Gomez. Plutôt que de créer une entreprise, ce digital strategist et fondateur de l’agence avec ses deux amis, souhaitait surtout faire d’Antistatique un lieu où ils pourraient travailler dans un esprit familial : « Notre équipe n’est composée que d’amis ou de connaissances proches. Cela permet de briser certaines barrières lorsque nous devons échanger.»
Installés à Lausanne depuis 2008, les trois fondateurs se sont auparavant rencontrés pendant leur CFC de Médiamaticien au CPNV de Sainte-Croix, dans le canton de Vaud. C’est à ce moment que l’idée de créer une agence germe. Chacun a ensuite suivi une formation Bachelor en HES en se spécialisant dans un domaine différent, mais complémentaire. Alberto Gomez s’est par exemple orienté vers le marketing. Marc Friederich a suivi une formation de gestion des médias interactifs et Gilles Doge est devenu ingénieur en informatique logicielle. Tout cela pour mieux se retrouver en 2008 et être à même de démarrer Antistatique.

La difficulté du financement
Pas de vernissage, pas de fête d’inauguration. L’agence fait ses premiers pas grâce au cercle familial. « Nos premiers mandats ont été réalisés pour nos familles ou nos amis. De fil en aiguille, nous avons pu acquérir de l’expérience. L’étape la plus difficile a été de trouver le financement », explique Alberto Gomez. Fort de leurs premières expériences, les fondateurs se sont d’abord aperçu qu’ils manquaient de compétences en design. Après avoir recruté dans ce domaine, un premier stagiaire a fait son arrivée : « Au bout de cinq ans, nous étions 6. Après huit ans, nous sommes 14 et nous espérons bientôt passer à 20 employés », se réjouit le fondateur.
Cette croissance exponentielle a été rendue possible par des choix technologiques forts, selon les dires de ses fondateurs. Marc Friederich prend en exemple l’arrivée du mobile : « À une certaine époque, tout le monde développait des applications natives. De notre côté, nous avons préféré miser directement sur le responsive au lieu de créer des applications uniquement sur mobile. Bien nous en a pris, puisque c’est ce que tout le monde fait désormais. Sans compter que cela améliore le référencement. »

4 syllabes en mouvement
S’il était difficile à leur début d’imposer une vision à leur client du fait de leur jeunesse, les fondateurs d’Antistatique ne se gênent plus. Face à une concurrence toujours plus rude dans le développement de solutions web – notamment du fait des offres offshores et des CMS qui se démocratisent toujours plus –, comment l’offre d’un développeur suisse peut-elle se démarquer ? « L’objectif du développeur de site internet est souvent mal compris », explique Marc Friederich. « Il cherche à faire disparaître son propre travail en automatisant toujours davantage ses tâches. Il scie en quelques sortes sa propre branche ». Alberto Gomez renchérit : « C’est une très bonne question de savoir à quoi sert encore un développeur, mais nos offres se situent désormais au niveau du concept et de la stratégie. C’est la réelle plus-value que nous pouvons apporter à nos clients, en plus d’une expérience vraiment personnalisée ».

Grâce à une excellente connaissance du domaine et des offres totalement adaptées à chaque client, Antistatique a pu étendre ses prestations vers le bout du Léman en s’installant dans un espace de co-working à Genève afin de se rapprocher de cette nouvelle clientèle. Un lieu cher aux fondateurs d’Antistatique qui croient réellement au potentiel de ces espaces collaboratifs [voir encadré ci-contre]. L’agence web doit aujourd’hui faire face au défi de la création de contenu, dont les clients sont toujours plus friands.

S’ils travaillent parfois avec des freelances, les fondateurs ne font plus confiance aux agences de communication traditionnelle : « Nous avons probablement travaillé avec toutes les agences de l’Arc lémanique et la satisfaction n’a jamais été au rendez-vous », lance Alberto Gomez. « Ils ont tendance à privilégier leur client avant l’utilisateur final. Ce n’est pas notre philosophie… » Avant de les laisser repartir festoyer dignement leur huitième anniversaire, une dernière question nous taraude : pourquoi avoir choisi le nom Antistatique et nommé leur soirée « 4+4 » ? « Lorsque nous avons débuté avec l’agence, il était encore très fréquent de parler de site internet statique. Nous voulions nous mettre en opposition en appelant notre agence Antistatique, bien que ce nom soit long et difficile à écrire », note malicieusement Alberto Gomes. Et la soirée ? « Nous n’avions pas fait d’inauguration, mais nous avons organisé une première fête pour nos quatre ans. Nous nous sommes dit que nous voulions marquer nos huit ans. Une bonne occasion pour nous présenter à nos clients genevois, desquels nous souhaitons aujourd’hui nous rapprocher ».

[ASIDE]

Un ImpactHub Lausannois ?

Lorsqu’en 2015, de nouveaux mandats d’envergure s’offrent à Antistatique, l’agence web n’a d’autre choix que d’accepter ces sollicitations et de s’installer au bout du Léman, dans la cité de Calvin, afin de se rapprocher notamment de clients comme Le Temps et la Ville de Genève. Ils ont trouvé refuge dans l’ImpactHub de Genève, un espace de co-working et de mise en relation faisant partie d’un réseau international. « L’ADN de ces lieux est profondément social et écologique, en plus d’être un espace de coaching et un centre de compétences », nous expliquent les fondateurs de l’agence.
Par la suite, des locaux privés leur ont été mis à disposition au premier étage de ce Hub genevois. Convaincus par cette expérience, Alberto Gomez, Marc Friederich et leur équipe souhaitent ramener le concept à Lausanne : « Nous sommes persuadés que cela pourrait apporter énormément à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans la ville ». Souvent orientés vers les activités des villes où ces espaces sont aménagés, Alberto Gomez et Marc Friederich pensent que Lausanne a des qualités à faire valoir. « À Genève, les activités du Hub se concentrent autour des organisations internationales. À Zurich, il s’agit d’activité économique. À Lausanne, grand pôle de formation avec ses différentes hautes écoles, on pourrait aider des jeunes non universitaires à donner vie à leurs projets. » D’où le projet d’installer cet espace de co-working à côté des locaux lausannois d’Antistatique.
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