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Ad nauseam … In fine!

On dit toujours qu’une image vaut 10’000 mots. Alors que dire d’une image qui vaut plus de 10’000 maux ?! Je vous le demande …

En termes de mots et de maux, ce matin, le post d’une de mes amies sur Facebook m’interpelle : « s’il vous plaît, les photos de cadavres d’enfants, je n’en peux plus, surtout le matin en buvant mon café. Juste envie de vomir. Allez manifester dans la rue mais arrêtez de diffuser ces affreuses images qui vont me hanter toute la journée ».
Je compatis et je suis solidaire, à ma manière, de son opinion et de son désarroi.
Pas de like. Pas de commentaire. Pas de partage.

LE SILENCE me paraît être le plus juste.

D’abord, je pense à l’enfant : une innocence volée, un futur brisé et une vie achevée tragiquement, tôt … beaucoup trop tôt. R.I.P. Petit garçon.

Ensuite, je pense aussi à tous les autres que le destin frappe en ce moment. Aux morts comme aux survivants. En Syrie, comme ailleurs.

Et puis, je pense à toutes celles et ceux qui ne pensent pas … Et il y en a.

En effet, quand on n’est pas journaliste, que l’on ne travaille pas pour un média reconnu et/ou que l’on n’a pas nécessairement la source officielle des photos, on s’abstient de relayer des images qui, certes, suscitent de l’émotion, mais dont on ne maîtrise ni le sens ni la provenance.

Afin d’illustrer ce propos, je vous invite à vous souvenir du séisme au Népal de ce printemps, avec la photo de deux orphelins … qui en réalité n’en sont pas.

Capture d'écran 2015-09-09 08.26.58

L’article paru sur le site du « 20 Minutes » du 5 mai 2015 sous le titre Ce cliché viral ne raconte pas ce que vous croyez rétablit la vérité… « Sur les réseaux sociaux, cette photo d’un garçonnet étreignant sa petite sœur est omniprésente et illustre le drame que vivent les Népalais depuis le séisme du 25 avril. Seulement voilà, ce cliché n’a pas été réalisé au Népal et il date de 2007… A chaque drame, le cliché refait surface sur internet, comme l’a illustré le quotidien «De Morgen» sur Twitter (illustration ci-dessus). Le véritable auteur de ce cliché émouvant est un photographe vietnamien nommé Na-Son Nguyen. Il a pris cette photo dans la province de Ha Giang. Les deux enfants immortalisés n’étaient en aucun cas des orphelins, et leurs parents étaient partis travailler. Quand l’homme s’est approché d’eux pour les photographier, la petite fille a pris peur. «Elle s’est mise à pleurer et son grand frère l’a agrippée pour la consoler. C’était un moment si mignon que j’ai pris une photo», a-t-il raconté. »

Dans le cas actuel, il semblerait que cela ne soit pas le cas et que les clichés montrant le jeune syrien retrouvé mort et échoué sur une plage turque soient de source journalistique officielle.

Quand même ! Est-ce que cela donne le droit à tout un chacun sur les Planètes Facebook, Twitter, Instagram et autres de les relayer à tout va?! La retenue et le respect ne sont-ils donc pas de mise dans ce terrible contexte ? Qui pense à la famille, aux amis … A leurs âmes blessées et torturées, par cette perte douloureuse en plein exil ?!

Quand je vous dis que je pense à ceux qui ne pensent pas …

Voudriez-vous que votre enfant, votre filleul, votre neveu, votre frère ou autre disparu soit étalé sans conscience au milieu de photos de vacances, de nourriture, de chats, de chiens, de campagnes publicitaires et/ou de coups de gueule politiques ? Ou souhaiteriez-vous plutôt avoir le maximum de quiétude possible pour vous recueillir ?

Quand je vous dis que je pense à ceux qui ne pensent pas … et qu’il y en a … les professionnels de la communication et de l’information ne sont pas en reste …

Si ce n’est pas la première fois que je suis interrompue dans la lecture d’un article en ligne par une pub intempestive sous forme de fenêtre qui n’a rien à voir avec le sujet, et qui parfois et à mon sens, dessert autant la marque sponsorisée que l’appréciation du contenu de l’article … et si ce n’est pas la première fois que je dois subir un banner publicitaire totalement décalé avec le sujet traité … aujourd’hui et au vu de tout ce qui précède, sur le site ELLE, cela m’a été particulièrement insoutenable …

Capture d'écran 2015-09-09 08.27.05

J’ai volontairement coupé le print screen … et choisi de laisser l’enfant reposer en paix. C’est pour cela qu’il n’apparaît pas ci-dessus.

Live irrésistible à côté du cliché d’un enfant noyé … c’est, à mon sens, avoir le sens de rien, ni de la vie, ni de la mort, ni de la compassion, ni de la beauté … encore moins du marketing et de la communication.

On dit toujours qu’une image vaut 10’000 mots. Alors que dire d’une image qui vaut plus de 10’000 maux ?! Je vous le demande …

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Un commentaire

  1. Bravo pour cet article ! Effectivement, je ne souhaiterai en aucun cas que la photo d’un membre de ma famille décédé soit étalée comme ça aux yeux de tout le monde et de n’importe qui. Manque de respect. Effectivement, réfléchissons un peu avant de faire suivre ce genre de photo.

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