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BeMore : Le réseau réinventé

Quel est le meilleur modèle pour une agence web ? 100% local ou délocalisé ? BeMore a opté pour une solution intermédiaire

Créé en 2004 par Bernard Morel, un ancien responsable du groupe Adecco, le groupe BeMore s’est organisé en trois métiers : la gestion de ressources humaines, le travail spécialisé et les solutions en technologie de l’information. Dans ce domaine, le groupe s’est consolidé notamment par le rachat d’entreprises spécialisées en Suisse et à l’étranger. Pour étoffer ce pôle de compétences, BeMore vient d’y ajouter la société Axionet.
Cette dernière entreprise a la particularité de pratiquer du « hybride offshore ». En d’autres termes, elle compte sur 180 développeurs recrutés et installés en Inde alors que la direction est à Vevey. « C’est une structure très efficace, explique Jérôme Bailly, chargé de direction commerciale, qui nous permet de proposer des chefs de projets en Suisse, chargés d’établir la stratégie avec le client local et d’assurer l’interface avec les développeurs indiens. » Depuis sa création, il y a cinq ans, Axionet était totalement dédiée aux projets d’un seul client mais, avec l’arrivée de Jérôme Bailly, un ex de Cross Agency, l’heure de l’envol hors du nid avait sonné.
Un moment idéal pour Bernard Morel qui, en homme d’affaires avisé, a compris l’intérêt qu’il pouvait tirer de l’intégration de cette entreprise au sein de son groupe. Le contexte du marché du digital a changé en Suisse romande. Après la première vague d’agences natives, des agences étrangères ont commencé à démarcher les nombreuses entreprises multinationales et banques installées dans notre région. Cette concurrence a certes fait baisser les prix de développement mais n’a pas complètement répondu au besoin des entreprises. Marketing digital, CRM, Big Data : ces nouveaux défis poussent les grandes structures à renforcer leurs départements IT. En tant que spécialiste de la délégation de personnel, BeMore connaît parfaitement les besoins du marché romand et international.
« Axionet nous intéressait tant par son expertise client, sa business intelligence et son savoir-faire en développement d’applications, explique Nicolas Nervi, directeur marketing et communication du groupe BeMore, que par la localisation de ses développeurs. » Présent également en France, en Espagne, à Monaco et à Dubaï, le groupe BeMore compte désormais une antenne à Bangalore. « Nous nous ouvrons ainsi au marché asiatique. »

Le réseau, autrement
La globalisation efface les distances et change la manière dont on perçoit la valeur ajoutée. Ces dix dernières années, les marques ont payé pour du développement ; aujourd’hui, elles veulent surtout de la stratégie. « C’est justement ce que nous souhaitons leur offrir, résument ces deux nouveaux collègues, en proposant soit des consultants et des gestionnaires de projet, soit, des développeurs et des informaticiens. » Le marché est très porteur : la croissance de BeMore, tant organique que par acquisition, a atteint 34% en 2014. « L’objectif est de tripler notre chiffre d’affaires d’ici à trois ans. »
Un mode de fonctionnement qui préfigure ce que seront les réseaux d’agences digitales demain ? « Ce n’est pas si simple, convient Jérôme Bailly. Ce fonctionnement local-global doit avoir été pensé dès le départ, sinon des tensions apparaissent entre les développeurs locaux et ceux qui sont délocalisés, de quoi rendre impossible la vie des chefs de projets. » Autre contrainte : les clients. Le tout délocalisé n’est pas une habitude dans la culture helvétique. « C’est bien pour cela, conclut Nicolas Nervi, que nous nous revendiquons comme une entreprise suisse. Nos clients constitués de grandes entreprises et de PME veulent avoir des interlocuteurs avec qui ils vont s’entendre : c’est le cas de nos chefs de projets. Pour ce qui est des développeurs, on s’attend à ce qu’ils soient techniquement compétents sans avoir une nécessité de les rencontrer. »

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