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Economie suisse : baisse du 0,2% PIB au 3e trimestre

Le Secrétariat à l’Economie (SECO) annonce que le PIB de la Suisse s’est contracté au 3e trimestre 2018 (−0,2 %, contre +0,7 % au trimestre précédent)*, donnant ainsi un coup de frein abrupt à la phase de croissance dynamique enregistrée depuis un an et demi. La situation en Suisse est donc synchrone avec le net ralentissement conjoncturel observé en Europe, et en particulier en Allemagne.

L’industrie et le secteur des services ont tous deux livré des impulsions négatives. Dans l’industrie manufacturière, la valeur ajoutée a légèrement fléchi (−0,6 %), ce qui représente une stabilisation à un niveau élevé vu la croissance très dynamique enregistrée au cours des derniers trimestres. Après deux trimestres très positifs, la valeur ajoutée a également reculé dans le secteur de l’énergie (−2,2 %) : l’été sec a engendré une baisse de production dans les centrales hydroélectriques. En accord avec la baisse de production dans ces deux secteurs, les exportations de biens industriels et d’énergie ont fortement chuté. Les exportations totales de marchandises** ont elles aussi connu une nette diminution (−4,2 %). Néanmoins, les chiffres du commerce extérieur pour le mois d’octobre indiquent déjà une reprise dynamique.

Les résultats trimestriels du secteur des services ne sont guère meilleurs. Après un trimestre précédent déjà négatif, la valeur ajoutée du commerce s’est fortement contractée (−1,0 %), en raison aussi bien du commerce de détail que du commerce de gros. Le secteur des finances a lui aussi enregistré un léger repli : le redressement observé depuis quelques trimestres a été interrompu tant au niveau de la valeur ajoutée (−1,1 %) qu’au niveau des exportations de services financiers. En revanche, l’évolution positive des trimestres précédents s’est poursuivie dans le secteur des services aux entreprises (+0,7 %) et dans le secteur de la santé (+0,5 %). La faible croissance des services reflète, d’une part, la demande étrangère généralement modeste pour les services suisses, et, d’autre part, la faible conjoncture intérieure au 3e trimestre qui s’inscrit dans un climat de consommation plutôt morose.

Les ménages privés ont à peine augmenté leurs dépenses de consommation au 3e trimestre (+0,1 %) ; la disposition à faire des achats importants a été faible en raison de la progression timide des salaires réels. Les dépenses de consommation des administrations publiques se sont inscrites en légère baisse (−0,1 %), alors que les investissements dans la construction ont pratiquement stagné (+0,02 %). Les investissements en biens d’équipement ont fortement régressé (−2,0 %), et ce dans presque toutes les rubriques : seuls les investissements dans les machines ont connu une légère hausse par rapport au trimestre précédent. La demande intérieure décroissante s’est en outre traduite par le repli des importations** de biens et services (−1,6 %).

* Taux de croissance par rapport au trimestre précédent des données réelles, chaînées, désaisonnalisées et corrigées des effets calendaires (agrégats économiques selon le Système européen des comptes 2010 [SEC 2010]).
** Sans or non monétaire ni objets de valeur.

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Victoria Marchand

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