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Forum des Médias Romands : Années 20, la décennie de tous les défis ?

« Arrêtez de vendre de la publicité et commercialisez plutôt le journalisme ! ».Pour Juan Señor, président de l’Innovation Media Consulting, l’avenir de la presse écrite qu’elle soit en ligne ou sur papier passe par une revalorisation du contenu. C’est devant un parterre d’éditeurs, de journalistes et de spécialistes médias que cet expert a ouvert l’édition 2021 du Forum des médias romands. Annulé l’an dernier, le public était content de pouvoir à nouveau se retrouver au Musée Olympique.

Le programme était aussi copieux que varié. La première salve : « MediaMorphosis : ou comment réinventer le journalisme à l’ère des médias ». « Seul le journalisme pourra sauver le journalisme. Le Covid a été une chance unique. Le public a retrouvé le chemin des sites médias et a commencé à délaisser les réseaux sociaux, sources de toutes les fakes news. » Estimant que le moment est unique, Juan Señor a proposé des pistes et des business models. Surtout, il a donné un conseil à toute l’audience : « c’est le moment de réinvestir dans les rédactions ».

Le débat qui a suivi cette présentation a permis à Stéphane Estival (CEO de ESH Médias et président de Médias romands) de l’interroger sur la manière d’intéresser les jeunes aux médias. « Peu importe de toucher ou non les Millennials, a rétorqué Juan Señor, l’intérêt vient avec l’âge. Ne vous trompez pas de cible. Le public sera toujours au rendez-vous autour de bons contenus.

Liberté d’expression sous pression des minorités
Autre thématique traitée cet après-midi : la liberté d’expression. Une table-ronde a réuni notamment Serge Gumy, éditeur de La Liberté, Alexis Favre, animateur d’Infrarouge et l’avocat Nicolas Capt. L’affaire du courrier de lecteur de Paul Clément dans le quotidien fribourgeois et la chronique de Claude-Inga Barbey dans le Temps ont suscité d’importantes et violentes réactions. Comment intégrer la voix des minorités sans faire le jeux des communautés d’intérêt. ?Pour Alex Favre, la solution passe par une approche plus distanciée avec les réseaux sociaux. Nous ne devons plus juger notre impact à l’aune des vues ou des followers. Ce que Nicolas Capt n’a pas manqué d’acquiescer : « Les commentaires sur Internet n’ont aucune valeur. Ils ne donnent pas accès aux médias. Les rédactions doivent garder leur ligne éditoriale et ne pas se faire dicter les sujets par ces nouveaux canaux. » Pourtant, comme l’a reconnu Serge Gumy, les attaques sont bien une réalité et elles laissent des traces.  » La viralité de cette lettre de lecteur a été très bien orchestrée. Nous n’avons rien vu venir. » Entre censure, auto-censure et manipulation, les rédactions doivent reprendre la main.

Aide à la presse et aux médias
La Conseillère d’Etat Nuria Gorrite a ensuite pris la parole pour présenter l’action du canton de Vaud en matière de médias. « Il ne s’agit pas d’un plan de soutien. Nous voulons proposer aux jeunes vaudois qui arrivent à leur majorité une plateforme d’accès aux médias. En devenant des électeurs, ils doivent être informés avant de voter, c’est un point essentiel dans notre démocratie. L’Etat de Vaud va également augmenter ses dépenses publicitaires et aider à l’agence Keystone-ATS dans le but de créer un poste de journaliste traitant de l’actualité vaudoise. Le budget global de cette opération : 6,2 millions de francs sur une période de 5 ans.

Dernier invité : Gilles Marchand, directeur général de la SSR, a été interviewé par deux jeunes journalistes Jacqueline Pirszel et Meryl Brucker. Entre le référendum contre l’aide aux médias et la menace d’une initiative pour une redevance à 200 francs, il a rappelé que le monde médiatique suisse est constamment attaqué. Et de rappeler que l’initiative No Billag a fait figure de prémices.  La vie des médias est donc loin d’être tranquille, de nouveaux combats se profilent….

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