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Interview : La SSR prône la cohésion nationale digitale

Suite à la présentation du plan d’économie sur quatre ans de la SSR, le directeur général revient sur la stratégie du service public après le 4 mars.

Gilles Marchand vous souhaitez offrir plus de différenciation et de collaboration avec les médias privés suisses. N’est-ce pas antagoniste ?
Au contraire, nous cherchons la complémentarité. La Suisse avec sa diversité politique et cultuelle a besoin d’un paysage médiatique diversifié avec des acteurs publiques et privés provenant de l’audiovisuel comme de la presse. Mais la Suisse n’a pas la masse crique suffisante avec son marché en quatre langues pour s’offrir le luxe d’un guerre intestine. Les médias suisses sont donc condamnés à s’entendre.

Comment voyez le rôle du service publique dans cet écosystème ?
Notre approche est constructive. Ainsi, depuis octobre dernier nous partageons nos vidéos d’information avec 42 médias suisses qui reprennent ces images sur leurs sites. Nous allons en faire de même avec nos archives.
Côté radio, dès le mois d’août, un player radio suisse, reprenant toutes les radios (privées et publiques) sera lancé.
Parallèlement nous avons créé avec l’EPFL et des acteurs privés, un centre de recherche dédié à l’innovation média.
Et toujours dans un soucis de complémentarité, dès janvier 2019, nous ne proposerons plus de textes non accompagnés de vidéos et d’audio sur les sites d’informations de RTS, SRF ez RSI, afin de mieux distinguer nos offre de celles des éditeurs privés. Et, dans le même esprit, nous renonçons aussi à la publicité ciblée régionale.

Qu’en est-il de l’international, les partenariats vont-ils perdurer ?
La Suisse doit continuer à collaborer avec les services publics européens. Malgré nos plans d’économie, nous souhaitons augmenter la coproduction et maintenir notre engagement international avec TV5 Monde et 3Sat.

Votre plan pour la SSR se veut digital et culturel : 2 axes incontournables ?
En tant que service public, nos investissements dans la culture sont d’autant plus nécessaires que ces productions ne peuvent pas être refinancées par le marché. Nous allons réinvestir quelque 20 millions de francs dont une part pour la fiction. Des projets sont déjà en route.
Nous allons également re-proposer tous nos programmes à la carte sur une nouvelle plateforme multilingue. Et bien sûr tenter de maintenir une offre sportive gratuite la plus large possible.

Des investissements qui se font pourtant dans un cadre d’économie..
Le plan d’économie de CHF 100 millions répond à la baisse de nos moyens provenant de la redevance (50M), à son plafonnement et à la baisse des recettes publicitaires comme à l’augmentation de certaines prestations (30M), ce à quoi s’ajoute l’investissement de 20 millions dans des projets digitaux et culturels.
Nous devrons économiser dans nos infrastructures pour tenter d’affecter le moins possible les programmes, très suivi par par le public. Nous devrons aussi supprimer environ 250 postes de travail durant les prochains quatre ans.

Le bâtiment de Lausanne est-il confirmé et quid du déménagement de la radio de Berne à Zurich ?
La mise en oeuvre du bâtiment dans le complexe de l’EPFL est confirmée. Il y aura toutefois une redéfinition de l’activité réalisée sur les sites genevois et lausannois. Pour ce qui est du déménagement de Berne à Zurich, il sera décidé en septembre prochain. Il y a là des enjeux économiques et médiatiques.

Comment interpréter votre sortie d’Admeira ?
Je reste convaincu qu’il est juste de développer une régie média suisse qui met en valeur les inventaires de qualité axés sur le pubic suisse en radio, en télévision, dans la presse écrite et sur les plateformes digitales. C’est la seule façon d’essayer de contrer l’exode publicitaire sur les plateformes américaines et sur les fenêtres publicitaires étrangères.
En ce sens, le concept d’Admira reste tout à fait pertinent. Mais, le fait est que la participation capitalistique du service public dans cette régie a créé beaucoup de résistances et de tensions finalement dommageables au développement de l’entreprise. Nous en prenons acte en quittant et en ouvrant ainsi la possibilité à d’autres médias suisses de rejoindre Admeira avec leurs inventaire. Cela dit nous restons partenaires d’Admeira et nous maintenons la commercialisation de nos inventaires par cette régie.

Peut-on imaginer qu’un jour le service public n’ait plus de publicité ?
Si tel était le cas, il faudra trouver un autre modèle pour assurer le mandat de prestation que nous impose la concession. Nous avons absolument besoin des CHF 230 millions que génère le marché publicitaire pour assurer des programmes de qualité.

Vos audiences sont spectaculaires n’est-ce dû qu’à l’effet Mondial ?
Le grand débat citoyen autour du service public a certainement amené le public vers nos chaînes. Il a sans doute souhaité vérifier par lui-même la qualité de nos offres. Force est de constater qu’elles résistent bien à la concurrence internationale. La dimension suisse des programmes est d’autant plus pertinente que le monde médiatique se globalise.

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Victoria Marchand

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