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Le numérique peut-il être écoresponsable ? Une étude donne des pistes

La numérisation de nos sociétés est en constante augmentation et les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) sont omniprésentes. Cette numérisation a encore été renforcée avec la situation sanitaire. Ce changement brusque de conditions de travail a été vécu de manière très différente par les citoyens et par les entreprises, selon leur degré de maturité numérique. Ainsi, dans un contexte de course à la numérisation, quels sont les impacts de ces technologies, au niveau environnemental, sociétal et économique ? Quelle est la situation en Suisse ? Que pouvons nous faire pour amplifier les avantages du numérique et en réduire les impacts négatifs ? Ce rapport se concentre sur la situation du numérique en Suisse. D’autres rapports décrivent déjà l’état du numérique responsable au niveau global.

Le Swiss Institute for Sustainable IT propose différentes approches pour réduire cet impact : intégrer le numérique responsable dans la stratégie RSE de l’organisation, faire un usage plus sobre du numérique, sensibiliser ses collaborateurs à cette thématique et prolonger la durée de vie des équipements. L’ISIT-CH met à disposition des outils pour atteindre un numérique responsable. L’ensemble des bonnes pratiques proposées est un premier pas facile et efficace pour démarrer une stratégie numérique responsable et réduire son empreinte numérique.

Constat
Selon l’Office Fédéral de la statistique (OFS, 2020), les entreprises suisses se situent dans le podium européen de l’utilisation des TIC au travail. Pourtant, malgré ce résultat très encourageant, le manque de formation sur les nouveaux usages du numérique reste important. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce sentiment :

-Dans la plupart des cas, la numérisation des procédés est venue se juxtaposer aux procédés déjà existants, au lieu de les remplacer et de les améliorer. Cela amène une complexité supplémentaire autant pour le salarié que pour l’organisation elle-même.

-De nombreux nouveaux logiciels et procédés ont été déployés rapidement au sein des organisations, sans assurer une formation adéquate des collaborateurs.

Bilan : 42% des utilisateurs d’Internet au travail nécessitent une formation pour employer les nouveaux logiciels ou équipements informatiques. Cette formation est essentielle à la fois pour assurer l’optimisation des procédés en interne mais aussi pour éviter la fracture sociale entre collaborateurs. C’est le secteur tertiaire suisse – finance, assurances, communication – qui nécessite le plus de formation à la suite de sa numérisation. Les secteurs qui en ont le moins besoin sont l’agriculture et la construction (OFS, 2020)

Obésité numérique : 265 kg de CO2 par salarié
La consommation électrique d’un collaborateur représente l’équivalent de 47 ampoules de 25W sur une journée de bureau (5’311 kWh d’énergie finale/utilisateur/an).

25% des logiciels et applications achetés ne sont jamais utilisés. Pour le reste, 70% sont sous utilisés. En tout, 10 à 50% des logiciels pourraient être enlevés sans nuire au fonctionnement de l’entreprise. Cela représente un gâchis de 16 milliards de francs par an en Europe (Institut du Numérique Responsable, 2021).

20% des virtualisations machines sont inactives ou pas sollicitées et 15% des serveurs dans les centres de données ne sont pas utilisés (Institut du Numérique
Responsable France, 2021).

En entreprise, un smartphone est remplacé en moyenne tous les 24 mois. Un ordinateur, tous les 4 ans, bien qu’il soit encore en très bon état (Institut du Numérique Responsable France, 2021).

Le double écran est devenu une « norme » parmi les collaborateurs, alors que peu d’entre eux en ont réellement besoin.

Les organisations s’équipent souvent avec du matériel informatique bien plus puissant que nécessaire.

Tous ces chiffres corroborent que le système d’information est devenu un réel centre de coûts dans les entreprises et les administrations publiques. Ceci a un impact économique et environnemental qui s’explique par la transversalité du numérique dans les organisations. Il est présent à tous les niveaux de la hiérarchie et dans tous les départements.

Quid des centres de données ?
Les cantons de Zurich, Berne, Genève, Argovie et Vaud concentrent la plus grande partie des CDC. Dans la même logique, la majorité des CDCs ont plus de 100 serveurs et beaucoup dé- passent les 2’000 serveurs. Ils totalisent une surface d’environ 154’000 m2 (soit environ 24 terrains de football) et ont une puissance installée disponible aux alentours de 130 MW. Or, la consommation moyenne d’un ménage en Suisse est de 5 MWh par an. Ainsi, la puissance de ces CDC consomme l’équivalent de 227’000 ménages (SuisseEnergie, 2021).

Pistes et solutions

1-Pour ce qui a trait à la gouvernance

  • Intégrer le numérique dans sa stratégie de développement durable et/ou de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise ;
  • Mesurer et publier l’empreinte environnementale de son parc informatique ;
  • Intégrer une stratégie numérique responsable et de sobriété numérique à tous les niveaux de l’organisation ;
  • Signer la charte Numérique Responsable de l’Institute for Sustainable IT ; Sensibiliser les collaborateurs à l’empreinte du numérique et aux bonnes pratiques ; Former une équipe de travail au numérique responsable ;
  • Obtenir la labélisation Numérique Responsable.

2-Pour ce qui a trait aux équipements

  • Prolonger la durée de vie des équipements électroniques.
  • Privilégier l’achat d’équipements fiables, facilement réparables et évolutifs.
  • Privilégier l’achat d’équipements reconditionnés ou avec des labels environnementaux.
  • Gérer la fin de vie des équipements (rachats par les employés, dons à des associations pour reconditionnement, etc.)

3- En matière de données

  • Héberger ses données dans des centres de données alimentés avec des énergies renouvelables et un PUE performant.
  • Privilégier les centres de données ayant signé le Code of Conduct européen.
  • Monitorer régulièrement le nombre de données générées, avoir une politique de données claires, en particulier la durée de rétention maximum. Appliquer une stratégie de sobriété en limitant la sauvegarde et le transfert des données aux données utiles.
  • Limiter l’utilisation d’outils Analytics en ne les utilisant pas par défaut mais en ayant une vision claire de leur utilité et impact. Vérifier la conformité de ces outils avec la LPD et le RGPD.
  • Éco-concevoir ses services numériques.
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Victoria Marchand

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