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Mediapulse : Hausse de l’audience radio et TV liée à la crise du coronavirus

Depuis que le Conseil fédéral a décrété l’état de «situation extraordinaire» en raison de la pandémie de coronavirus le 16 mars 2020, l’audience radio et TV a augmenté dans toute la Suisse. Durant les deux premières semaines de confinement, la télévision a atteint un public nettement plus nombreux, qui l’a en outre regardée plus longuement, en privilégiant les actualités et les offres d’information, surtout le soir. Quant à la radio, elle a certes touché un peu moins d’auditeurs qu’avant les mesures décrétées par le Conseil fédéral, mais a aussi été écoutée plus longuement, jouant pleinement son rôle de média d’accompagnement quotidien en ces temps de crise. C’est ce qui ressort des données d’audience collectées sur mandat de la Fondation Mediapulse pendant les deux semaines avant et après le 16 mars 2020.

La diffusion du coronavirus et les contre-mesures mises en œuvre bouleversent le quotidien de larges couches de la population, modifiant en outre les comportements en matière d’information et de communication. Cela se répercute en particulier sur l’audience radio et TV, que Mediapulse SA mesure en permanence sur la base de deux panels représentatifs de la population du pays.

Les premiers constats relatifs au changement de comportement d’utilisation des deux médias sont présentés ci-dessous. L’analyse repose sur une comparaison de l’audience pendant les deux semaines avant et après le confinement décrété le 16 mars 2020. Est pris en compte, pour les deux médias, le comportement d’utilisation de toutes les personnes dès 15 ans.

Audience de la télévision
Durant les deux premières semaines de mars 2020, les offres des chaînes TV suisses et étrangères ont atteint quotidiennement 69% de la population à partir de l’âge de 15 ans (cf. Tableau 1), comme en mars 2019. Après le 16 mars, le taux de pénétration TV a grimpé à 75%, ce qui correspond à une augmentation de 363 000 téléspectateurs quotidiens. Simultanément, le temps passé devant le petit écran est passé de 214 à 240 minutes, soit 4 heures par jour.

Si on extrapole cette valeur sur l’ensemble de la population, il apparaît que pendant la seconde moitié de mars, le public adulte a regardé la télévision durant 179 minutes par jour en moyenne, soit une augmentation de la durée quotidienne de visionnage de 31 minutes par personne par rapport à la première moitié du mois. Le caractère extraordinaire que présente cette valeur – même pour le média de grande audience qu’est la télévision – ressort clairement du fait qu’elle n’a été dépassée que deux fois au cours des six dernières années, à savoir pendant la semaine de Nouvel An, puis celle de Noël 2015.

Si on compare l’évolution des taux de pénétration au fil de la journée (cf. Figure 1), on remarque que durant la seconde moitié de mars, l’audience TV est plus élevée tout au long de la journée, mais que l’augmentation la plus importante se situe à l’habituelle période de pointe, entre 19 h et 23 h (prime time). Durant cette tranche horaire, le nombre de téléspectateurs est passé de 4 à 4,5 millions et la durée de visionnage moyenne de 77 à 93 minutes.

L’augmentation de l’audience TV a profité surtout aux offres relevant des domaines de l’actualité (nouvelles, conférences de presse) et de l’information (magazines, conseils). C’est ainsi que la durée quotidienne de visionnage est passée de 17 à 28 minutes pour les actualités et de 18 à 22 minutes pour les autres offres d’information. Il en résulte que durant la seconde moitié de mars, le public adulte a regardé des émissions d’actualité ou d’information pendant 50 minutes par jour au total. L’augmentation de ces offres due aux circonstances et la modification des programmes de nombreuses chaînes TV qui en est résultée répondent donc à une véritable demande.

Cela ne signifie toutefois pas qu’en raison de la crise du coronavirus, la télévision ne réponde plus qu’aux besoins d’information. Depuis le confinement, l’audience des films et des séries a également augmenté (+ 2 minutes pour chacune de ces catégories). Le grand perdant est bien évidemment le sport, même si, dans ce domaine, l’offre et l’audience étaient déjà en recul durant la première moitié de mars.

Audience de la radio
Alors que pour la télévision tant le nombre de téléspectateurs que le volume d’utilisation se sont inscrits à la hausse, la radio offre une image plus contrastée (cf. Tableau 1). D’un côté, son taux de pénétration journalière a reculé de 81 à 77% après le 16 mars 2020, ce qui représente une diminution de quelque 280 000 auditeurs. De l’autre, les auditeurs qui lui sont restés fidèles l’ont écoutée pendant 8 minutes de plus par jour (127 minutes au lieu de 119). Si on extrapole cette valeur sur l’ensemble de la population, il apparaît que la durée d’écoute quotidienne est passée de 96 à 97 minutes.
Depuis le confinement et à l’instar de la télévision, la radio a gagné en audience aux heures de la journée durant lesquelles elle est le plus écoutée même en temps normal, soit – en tant que média d’accompagnement quotidien – du matin jusqu’à midi, avec des pics d’audience lors des bulletins d’information horaires et surtout pendant la pause de midi
(cf. Figure 1). Le nombre d’auditeurs a par contre diminué en soirée, c’est-à-dire au moment où la télévision attire davantage de public. L’audience de la radio a en outre légèrement reculé en début et en fin de journée, ce qui s’explique probablement par la diminution du trafic des pendulaires.

Audience des stations radio et chaînes TV ainsi que des émissions
Les données d’audience collectées par Mediapulse SA permettent d’analyser également les effets à court terme de la crise du coronavirus au niveau de chaque station radio ou chaîne TV et, pour ces dernières, au niveau de chaque émission. La publication de ces chiffres est cependant du ressort des stations et chaînes elles-mêmes ou de leurs régies publicitaires.

Remarque concernant la méthode
Pour des raisons à la fois méthodologiques et d’économie de recherche, les systèmes de mesure de Mediapulse SA ne couvrent pas la consommation de radio et de télévision sous toutes ses formes, si bien que les chiffres présentés tendent plutôt à la sous-estimer. Ainsi, l’utilisation de la télévision dans des lieux publics ou sur des appareils mobiles n’est pas mesurée. Pour la radio, c’est l’écoute en différé ou au moyen d’un casque qui n’est pas prise en compte.

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Victoria Marchand

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