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Plan média d’une course

« Adieu ! » Le timbre est enjoué et l’on devine les yeux rieurs du jeune homme. Le navigateur Valentin Gautier, formé au Centre d’Entraînement à la Régate (CER), boucle sa première saison de « ministe » à bord d’un voilier de 6,50m. Objectif : la traversée de l’Atlantique lors de la prochaine édition de la Mini-transat, en automne 2017. Ils sont nombreux à en rêver, mais peu d’entre eux parviennent à réunir les fonds nécessaires pour y parvenir dans les temps. Le secret de la réussite ? Leur stratégie de communication, évidemment.

Comme tout sportif qui se respecte, Valentin Gautier a entamé, au début de son projet, une longue course aux sponsors. Car si toute discipline nécessite un soutien financier pour évoluer à un niveau professionnel, la voile requiert un effort supplémentaire. Le prix de départ est fixé dès l’acquisition du bateau. Viennent ensuite l’équipement de la monture (voiles, accastillage, équipement électronique) et du marin. Puis il faudra mettre le voilier à l’eau, l’entretenir, se déplacer… Valentin jongle entre Genève et Lorient, ses deux ports d’attache. Et les frais s’affichent en conséquence.

Afin d’attirer les sponsors adéquats, il a fallu tout miser sur la création de notoriété : un dossier de sponsors, un site Internet et, le plus important, une page Facebook. Petit budget oblige, le fait maison est de rigueur. « Le site comporte une partie blog, mais les réseaux sociaux ont vite pris le dessus pour communiquer sur l’actualité de ma préparation », confie Valentin. Pour la suite, pas de prêt ni de crowdfunding. Le réseau a fait le reste.

Constructeur naval de métier, préparateur au CER, le navigateur avait déjà une connaissance étendue du milieu. De fil en aiguille, il a su convaincre la Banque du Léman et obtenu son soutien en tant que partenaire principal. En échange d’un financement annuel, le sponsor s’affiche sur le bateau et s’offre une égérie. Une situation qui se rapproche beaucoup du mécénat : « C’est clairement un retour sur image qu’ils espèrent. Leur soutien contre des retombées médiatiques, une nouvelle image auprès de leurs clients… C’est difficile à chiffrer. Mais avec un tel nom, il était impossible qu’ils ne fassent pas partie de l’aventure ! », sourit Valentin.

Les partenaires techniques sont eux aussi nécessaires. Aux accessoires, SUI 46°16’ Sailing Solutions soutient Valentin Gautier depuis le début. La voilerie Europ’Sails rejoindra quant à elle l’aventure en 2017 et fournira les voiles de Shaman, le Pogo3 construit au chantier naval Structure, près de Quimper. Mais les partenaires se situent à tous les niveaux – notamment celui de la communication. Actualité des courses, vidéos, images : souvent en mer, Valentin se devait d’offrir un suivi régulier aux 430 followers de sa page Facebook.

C’est la photographe Eliza Chohadzhieva qui assure la communication pendant les courses, le montage des vidéos, les photos à l’arrivée. Un partenariat qui va au-delà du simple mandat, passion nautique oblige. « Eliza m’a proposé un forfait abordable pour le travail qu’elle réalise, et en échange je lui offre une certaine visibilité : c’est du win-win, », précise Valentin. Leur prochain projet : le montage d’un film dont les images ont été tournées pendant la course de qualification Les Sables – Les Açores – Les Sables.

D’ailleurs, comment conjuguer concentration en course et communication active ? Est-ce que cela ne porte pas préjudice aux résultats ? « Les vidéos tournées à l’intérieur de Shaman sont réalisées avec un petit appareil photo, lorsque le bateau est à quai. Quant aux images en mer, je les tourne avec une GoPro qui m’a été prêtée. Grâce à la perche, je peux la fixer sans qu’elle ne me dérange », explique le navigateur. « Pour répondre aux attentes, je dois m’astreindre à faire de l’image, mais je n’ai jamais de caméra en main lors des moments critiques ». Cela explique peut-être ses excellents résultats sur cette première saison, malgré un souci technique lors de sa dernière course – privé de bastaques, il a su faire le choix de préserver le voilier aux dépens du classement.

La suite ? « Dans l’immédiat, du repos ! », confie Valentin. Le bateau au chantier et le marin au soleil, le combo gagnant pour repartir du bon pied lors de la prochaine saison. Mais son plan de communication, lui, ne connaît pas de répit. Une fois le film monté, il faudra diffuser le teaser, être présent aux côtés des sponsors et poursuivre les recherches de fonds pour que l’aventure continue. Un vrai travail de communicant, une veste qu’il n’est pas toujours facile d’endosser sans négliger ses objectifs de sportif. En quête de grand large, le marin du bout du lac a décidément réussi son pari.

Photo : © Eliza Chohadzhieva

Liens :
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