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Ringier : « Nous faisons partie du peloton des entreprises européennes »

Ringier a investi CHF 1,6 milliard depuis 2007, dont une part importante dans les activités en ligne. Par conséquent, les recettes dans le domaine du numérique constituaient, déjà en 2014, le tiers du chiffre d’affaires total, lequel est passé, pour la première fois depuis bien longtemps, sous la barre du milliard de francs. Le résultat a également accusé un repli de près de 20 %. Une situation qui semble pourtant satisfaire Marc Walder, directeur général de Ringier.

Ringier commence traditionnellement son communiqué à la conférence de presse sur le bilan par « Ringier, 1ère entreprise de médias suisse… ». Cette année, nous avons attendu cette phrase en vain. Est-ce douloureux de savoir que Ringier, en matière de chiffre d’affaires, est désormais bien loin derrière Tamedia ?
Non (rires). Le chiffre d’affaires a enregistré un léger recul, suite à la cession de deux entreprises – notre filiale tchèque et le Groupe GoodNews. Ce qui importe pour nous, c’est avant tout de savoir que nous sommes sur la bonne voie pour opérer le virage numérique. La vision que nous avons eue en 2007-2008, à savoir l’avènement du numérique et la diversification, est en train de se réaliser. Avec un chiffre d’affaires de 32% dans le domaine du numérique, nous faisons partie du peloton des entreprises européennes. Et les sociétés dans lesquelles nous avons beaucoup investi, telles que Onet.pl en Pologne, Jobs.ch, Scout24 ou Ticketcorner, affichent un excellent rendement. Je dors sur mes deux oreilles en ce moment, je vous assure.

Malgré la joint-venture entre Ringier et Axel Springer que vous prévoyez pour la Suisse, êtes-vous bien certain d’obtenir le feu vert de la Commission de la concurrence ?
Je l’espère. Le monde des médias, dans lequel nous opérons, est un environnement très compétitif. Et la manière dont les gens consomment actuellement du divertissement et de l’information a complètement changé. C’est pourquoi nous devons faire attention à ne pas nous laisser distancer par Google, YouTube, Facebook, omniprésents dans ces domaines. C’est pourquoi ce partenariat est si important. Les synergies dégagées devraient logiquement nous être bénéfiques. Par ailleurs, nous devons réussir la transition numérique pour ces publications – pas du jour au lendemain, cela va de soi. Si nous y sommes déjà partiellement parvenus pour les journaux, il y a encore beaucoup à faire en ce qui concerne les revues : il s’agit là d’un défi majeur pour la nouvelle joint-venture.

Ringier a récemment conclu un accord de coopération avec La Poste et La Mobilière afin d’envoyer des employés dans la Silicon Valley.
Oui, et j’en suis très fier.

Mais quel en est exactement le but ? L’idée est-elle de plonger les employés dans cette nouvelle effervescence numérique ou de transformer les employés plus âgés en enfants du numérique (digital natives) ?
Les deux. Mais, pour moi, il s’agit tout d’abord de promouvoir un nouvel état d’esprit. En ce qui concerne le numérique, j’ai été à l’origine de deux initiatives : la première, « Digital Zurich 2025 », est en bonne voie. Son objectif est de considérer – et de promouvoir – l’agglomération de Zurich en tant que pôle numérique : Google est déjà présent, de même que Ringier et Swisscom, mais il faut encore accentuer cette tendance. La seconde initiative concerne davantage l’entreprise en interne, mais nous sommes parvenus à y associer La Poste et La Mobilière.

Pouvez-nous nous expliquer en quoi cela consiste, exactement ?
Un employé de Ringier qui se rend dans la Silicon Valley y trouvera une certaine inspiration et pourra se constituer un réseau. Mais s’il a l’occasion de collaborer avec une personne d’un autre secteur, c’est là que l’échange s’avèrera réellement fructueux. Ce projet, qui commencera en septembre, vise en partie à récompenser les meilleurs employés, mais, pour nous, il symbolise avant tout la nécessité de nous renouveler en permanence. Les employés travailleront sur place pendant deux ou trois mois sur un projet commun avant de revenir et de partager les connaissances acquises avec le reste de l’entreprise. Puis d’autres suivront.

À propos des opérations en Suisse, quelle est l’influence de Publicitas et du Groupe Goldbach sur le chiffre d’affaires de Ringier ?
Publicitas constitue un partenaire important pour nous, bien que le chiffre d’affaires qu’elle génère n’ait pas augmenté au cours des cinq dernières années. Quant à Goldbach, c’est également un partenaire majeur au sein du Groupe Energy et de Sat1 (Suisse), où nous sommes associés dans un projet de joint-venture. Tous deux sont d’excellents partenaires, même si nous avons toujours géré nous-mêmes la commercialisation publicitaire, y compris sur internet.

Laquelle de ces deux entreprises représente la part la plus élevée du chiffre d’affaires de Ringier ?
La part de Goldbach est un peu plus élevée, car Sat1 (Suisse) est une chaîne très attrayante.

Ringier en chiffres en pdf

CominMag-04-2015_Ringier

 

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