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Les métiers du web – Webdesigner : le couteau suisse de l’Internet

Entre le UX designer, l’intégrateur HTML, l’architecte de l’information, le visual designer et le développeur, quelle est la place du webdesigner ? L’occasion de donner la parole à six professionnels romands.

1. Si vous deviez vous présenter en un tweet ?

Franck Carlichi : Directeur artistique, graphiste et webdesigner chez Théorème. Communication, geek dans l’âme et développeur Mac OS X à mes heures perdues.

MC Casal : UX Strategist and Designer. Happy co-founderof @relaxintheair. Social Media addicted and manga reader.

Nhung Tang : Graphic et UX designer chez :ratio à Lausanne. Passionnée des interfaces (même les plus simples) et de la relation complexe que les utilisateurs ont avec elles.

Julien Ferla : Head of Digital chez B+G, j’y cultive les bonnes idées et récolte les énergies positives pour des stratégies centrées autour de l’utilisateur.

Francis Chouquet : Français vivant en Suisse, je suis web designer, spécialiste WordPress, et passionné de typographie.

2. Comment définissez-vous le métier de webdesigner ?

FC. Pour moi, le métier de webdesigner n’est rien de plus que le métier de graphiste dans ses principes de base?: traiter de façon conceptuelle et formelle les informations à disposition. Cependant, en raison de sa nature, il intègre un certain nombre de dimensions qui en font une discipline à part entière. Le webdesigner se doit de prendre en compte de manière centrale l’utilisateur (que je distingue du lecteur ou du spectateur), il doit apporter une «?expérience?» et non pas simplement un confort de lecture ou de recherche d’informations. Sur le web, l’utilisateur est actif, il décide de son «?parcours?», il construit lui-même le flux de données auquel il sera exposé. Comme j’aime le répéter, le web n’est ni un journal, ni une télévision. Le webdesigner doit intégrer ces paramètres dès les premières étapes de sa réflexion.

MC. Le terme de webdesigner est aujourd’hui devenu obsolète ou le plus souvent mal utilisé. Il est réducteur, mais compréhensible par les profanes. Le webdesigner fait tout, des banners, du flash, de l’UX, du design d’applications et d’interfaces, etc. Le métier de webdesigner est un métier très jeune, il a à peine une quinzaine d’années. Quand j’ai commencé en 1997, il prenait en charge la plus grande partie de la chaîne de production. On aurait pu le qualifier de couteau suisse du web. C’est l’image que la plupart des gens ont gardé à l’esprit. Aujourd’hui, les exigences de la technique, de la marque et de l’utilisateur, ainsi que la rapidité d’évolution technologique, font de ce terme un fourre-tout qui a perdu son sens.
De nouveaux métiers très spécialisés ont émergés. Cela va de l’UX designer à l’intégrateur HTML en passant par l’architecte de l’information et du visual designer. Ils répondent à la réalité du web d’aujourd’hui : utilisateurs exigeants, diversité des plateformes (mobile, desktop, tablettes), contraintes techniques et sociales (géolocalisation, médias sociaux, vitesse de connexion, nomadisme), etc. Il faut maintenant tenter d’amener le public et les clients vers une compréhension contemporaine des métiers du web et de leur complexité.
Que devra faire votre webdesigner? Devra-t-il créer l’interface ? Intégrer le site ? Travailler sur son architecture ou encore analyser les problématiques utilisateur ? Une seule et même personne aura rarement toutes ces compétences (rarement est un euphémisme). La solution : créer une équipe multidisciplinaire qui apportera son expertise dans les principales étapes de production et surtout sera capable de collaborer pour créer le site le plus adapté aux exigences de la marque, du marché et de l’utilisateur. Le webdesigner n’est plus ! Vivent les UX designers, UI designers, visual designers, architectes de l’information, développeurs Front, interaction designers…

NT. Etre webdesigner, ce n’est pas uniquement faire un « joli » design. C’est aussi comprendre les objectifs/buts du client, connaître les besoins des utilisateurs finaux et comprendre le contexte du projet. Satisfaire ces trois critères et en plus pouvoir créer un beau produit, c’est le « must » pour un designer.

JF. Ce métier est tout aussi, voire plus complexe, que le métier de graphiste car il faut être au courant à la fois des tendances du web et des développements techniques qui sont multiples sur le net.

Le webdesigner est un touche-à-tout qui doit avoir des notions de graphic design, être axé multimédia et doit aussi, à mon avis, maitriser chaque maillon de la chaîne de production. C’est un métier qui évolue sans cesse et doit continuer d’évoluer.

Pour l’instant ce métier souffre un peu d’une image négative et réductrice car il est peu connu, mais il devrait être placé au même niveau que celui de graphiste.

FC. Le rôle du web designer est de prendre en compte les éléments graphiques et fonctionnels pour créer un site web. Il va donc concevoir l’interface graphique et dans certains cas ira jusqu’à intégrer le site web. Il doit prendre en compte les différents éléments qui permettront à un visiteur de trouver facilement et rapidement l’information qu’il cherche. Sur un site d’e-commerce, ça ira jusqu’à la conversion d’une visite en achat.

3. Est-il important de savoir coder lorsque l’on désigne un site web?

FC. Il est essentiel de connaître au moins les bases. La technologie actuelle ne permettant pas encore de réaliser toutes les fantaisies, il est obligatoire d’en connaître les limites pour pouvoir exploiter le maximum de possibilités. Il ne s’agit pas de prendre la place des développeurs, mais d’en connaître suffisamment pour pouvoir s’exprimer avec le minimum de contraintes et le maximum de liberté. La connaissance d’un langage permet en outre d’avoir des échanges plus élaborés et enrichissants avec l’équipe en charge du développement. Le travail en devient d’autant plus intéressant que l’émulation ainsi créée permet de repousser certaines limites.

MC. Je ne code plus, mais je l’ai fait pendant 7 ans. Aujourd’hui, je suis capable de mettre le nez dans un code, mais incapable de commencer l’intégration d’un site de zéro. Cependant, ces années de développement Front (ou intégration HTML) m’ont donné une base solide à la compréhension globale de mon métier et de la production de sites et d’applications. Si vous avez codé, vous voyez la structure derrière la façade, comme un architecte voit et comprend la construction d’un bâtiment et les règles appliquées. Savoir coder est indéniablement une force. Connaître le code vous fait pénétrer un peu plus dans les problématiques d’interactions qui sont au cœur de l’User Centered Design.
Il faut également garder en mémoire que les techniques de développement évoluent rapidement. Si vous ne développez pas ou plus, le travail d’interaction et de design fait en amont va en pâtir. Ce serait comme un designer de voitures qui ne saurait pas que la direction assistée existe. Il est donc primordial de travailler très étroitement avec les développeurs Front et Back si vous ne développez pas vous-même. Ils vous apportent cette vision et cette connaissance techniques qui peuvent vous faire défaut. Sans compréhension des enjeux techniques, pas de webdesign.

NT. Etre un pro de HTML/CSS/Javascript n’est pas primordial. Mais avoir une bonne base dans ce domaine est impératif. Même si le designer n’est pas mené à coder lui même le site, il doit connaître les problématiques liés à ces technologies. Cela permet d’une part d’éviter un design incohérent ou très difficile (voire impossible) à réaliser, et d’autre part, cela permet une meilleure relation de travail et de collaboration avec les autres intervenants du projet, notamment les développeurs (front et back). En utilisant le même vocabulaire, il est plus facile de trouver une solution et des compromis face à certaine problématique.

JF. Oui et non, mais il important que le webdesigner comprenne ce qu’il fait. Il n’est pas développeur, mais il doit être capable de transmettre ses idées à son développeur et au client sous forme de prototype.
Savoir coder est unatout car la réflexion sera multiple et cela augmentera la qualité globale du travail. La notion technique est pour moi extrêmement créative. Il faut être créatif pour découvrir la technique mais le fait de connaître la technique appelle la créativité.

FC. Personnellement, je pense qu’il est préférable de connaître le HTML et les CSS pour comprendre les tenants et les aboutissants de la création d’un site web. Connaître ces « langages » peut également permettre au web designer d’avoir des idées qu’il n’aurait pas dans le cas contraire.

Donc pour moi, il est préférable de connaître au minimum HTML et CSS, mais sans pour autant être un « expert » en la matière. Dans la plupart des cas, ce n’est pas lui qui codera le site.

4. Si oui, quel langage maitrisez-vous ?

FC. J’ai toujours privilégié les technologies ouvertes et open source pour le web, c’est pourquoi mon choix s’est orienté vers le HTML/CSS. Je ne dirais pas que je les maîtrise, mais j’en ai une connaissance suffisante pour pouvoir me détacher des contraintes techniques et penser au concept plutôt qu’aux limitations inhérentes au développement web.
Je pense par ailleurs que le web doit rester libre et neutre pour permettre l’accès au plus grand nombre. On se souvient aisément des problèmes engendrés par l’hérésie Internet Explorer 6 au début des années 2000. On en paie encore régulièrement le prix aujourd’hui. Plus proche de nous, c’est Flash, propriété à l’origine de Macromedia et aujourd’hui d’Adobe, qui a tenté de « privatiser » le web. Avec l’expérience, on se rend bien compte que ces tentatives d’imposer un « standard privé » sur le web étaient des erreurs. Le web, et par là même les informations qui y sont véhiculées doivent adopter des voies approuvées, libres et gratuites si l’ont veut pérenniser leur pertinence. C’est le rôle des organismes tels que le W3C que de définir et standardiser les langages d’aujourd’hui et de demain. On en voit tous les avantages aujourd’hui avec l’émergence des plates-formes mobiles.

MC. Pour être sincère, aucun. Je n’ai plus aujourd’hui la prétention de dominer ne serait-ce que l’HTML. Je n’y ai plus touché depuis trop longtemps. Mais je collabore avec des spécialistes qui eux le dominent parfaitement.

NT. Je suis à l’aise avec l’HTML/CSS et je sais utiliser les librairies Javascript.

JF. Je ne peux pas dire que je maîtrise complètement ces langages car je ne suis pas développeur et ne le serai jamais, mais j’ai de bonnes connaissances en HTML, CSS et intégration Javascript. Je pense qu’il est également intéressant de comprendre les architectures CMS.

FC. Je connais très bien le HTML et les CSS. Je me perfectionne constamment pour en maîtriser tous les aspects. Actuellement tous les sites que je conçois utilisent les dernières « technologies » HTML5 et CSS3.

5. Quel est votre position sur le « webdesign adaptatif » par rapport au « responsive webdesign » ?

FC. C’est une technique intéressante et prometteuse, typiquement le genre d’outils qu’il faut privilégier à terme. Cela demande cependant un effort particulier pour le webdesigner qui doit concevoir son design, non plus de façon statique comme jusque-là (même si par essence le webdesign ne l’a jamais été), mais en faisant en sorte que son design soit toujours cohérent quelle que soit la plateforme de consultation. C’est à mon avis la technologie à privilégier dans les années qui viennent si l’ont veut s’assurer une lisibilité optimale quel que soit le support utilisé. Aujourd’hui on voit se dessiner la suprématie des appareils mobiles (en termes de pourcentage de consultation) et cette technologie permet de répondre aux problématiques de taille d’écran et de résolution. Demain le web devrait entrer encore plus dans nos vies avec l’arrivée de périphériques de consultation toujours plus discrets et avec leur intégration poussée dans nos appareils quotidiens. Pour réussir à maintenir une cohérence entre ses différents terminaux de consultation, il faudra de plus en plus séparer la forme du fond. Une approche adaptative du design s’impose naturellement.
MC. Le « responsive webdesign » n’est pas la solution à tous les problèmes qui découlent de la migration des utilisateurs vers les plateformes mobiles, comme on veut nous le faire croire. Je me suis toujours battue contre les extrémismes dans ce métier. Tout est affaire de contexte et de contenu.
Oui, la consommation de contenu online est aujourd’hui plus importante sur des supports mobiles que sur desktop. Cette tendance ne va pas s’inverser. Oui, nous devons adapter la lecture des contenus à un contexte mobile. Mais la question est : devez-vous faire une application, une version mobile de votre site (web app), le penser mobile, faire du responsive webdesign ou encore ne rien faire ? Analysez vos contenus. Demandez-vous dans quel contexte votre contenu doit être vu. Et ensuite réfléchissez et déterminez la quantité de contenu pertinent que vous devez livrer. Là vous aurez une idée plus précise de ce que vous devez entreprendre.

Cependant, je défends sans restriction l’utilisation du « responsive webdesign » pour l’adaptation des interfaces aux multiples tailles des smartphones sur le marché.

NT. Génial et impossible d’ignorer cela avec l’arrivée des nouveaux supports de diffusion. En termes d’UX, garder d’un support à l’autre le même confort d’utilisation d’une interface est primordial. Chaque support a ses avantages et ses contraintes. C’est ce qui rend le défi passionnant en tant qu’UX designer mais aussi comme Graphic Designer.

JF. C’est un début de réponse, très intéressante d’ailleurs, à l’évolution du web qui tend de plus en plus à une uniformisation du rendu graphique des supports, mais c’est à nouveau un outil parmi d’autres, comme la sélection des feuilles de style suivant le « user agent », par exemple…

Le web change et cela fait du bien de voir la mise en place de nouveaux standards comme HTML5 et CSS3. Le Javascript va enfin pouvoir apporter toute sa puissance.

FC. Je pense que c’est un aspect important d’un site web. Avoir un site qui réagit dynamiquement à la taille de l’écran est primordial compte tenu du nombre de personnes qui surfent sur des smartphones ou des tablettes. Qui plus est, je trouve que c’est très intéressant d’un point de vue ergonomique parce qu’on n’utilise pas un site web de la même manière sur un grand écran que sur un mobile, ou avec une souris que sur un écran tactile. Bref, je suis en faveur du responsive, bien que je trouve parfois que finalement les designs ont été graphiquement simplifiés.

6. Pensez-vous UX (User Experience) lors de la création d’un site ?

FC. J’essaye bien sûr ;). Plus sérieusement, comme je l’évoquais plus haut, il est essentiel de placer l’utilisateur au cœur de la conception d’un site. Bien souvent il est difficile de faire comprendre aux donneurs d’ordre que telle ou telle décision a été prise dans l’intérêt de l’utilisateur final. Il faut alors user de pédagogie et essayer de faire comprendre que le site est fait pour le public cible et non pour le commanditaire.
J’estime cependant que l’approche UX est beaucoup plus adaptée aux applications natives ou aux web apps qu’aux sites « classiques » qui nous sont demandés. À nous de convaincre le client de penser son site en ayant pour principal objectif l’ergonomie et l’expérience utilisateur.
C’est une notion que je connais particulièrement bien, puisque je pratique l’exercice régulièrement depuis de nombreuses années. Nous avons en effet monté une petite structure amateur (http://www.molowa.com) avec un ami développeur, dans laquelle nous créons des logiciels pour Mac OS X. Apple a toujours cherché à améliorer l’expérience utilisateur depuis la sortie du Macintosh en 1984. Nous essayons modestement de notre côté de rendre nos logiciels les plus simples et les plus agréables à utiliser. Ça passe par une réflexion en amont qui nous amène à éliminer toute information inutile ou superflue pour l’utilisateur et une organisation des éléments dans l’espace aussi logique que possible pour le consommateur final. Ce sont des notions qui sont étrangères aux codeurs en général. C’est là où la synergie codeur/graphiste prend toute sa pertinence. C’est une expérience vraiment enrichissante que je mets à profit quotidiennement dans mon travail de webdesigner.

MC. Plutôt UCD (User Centered Design) qu’UX (User Experience). Je travaille autour des attentes, des capacités et des limitations des utilisateurs plus que sur l’expérience de l’utilisateur. L’UX implique d’avoir un feedback sur l’expérience vécue par l’utilisateur, mais également d’avoir l’expérience et la compréhension de l’utilisateur, donc une empathie et la connaissance d’une multitude de comportements différents. Dans l’UX, il y a une dimension psychologique et émotionnelle importante qu’il est difficile d’anticiper sans des phases d’observation et de test utilisateur. Dans l’acronyme UX, il y a le terme expérience, et sans expérience il n’y a pas d’UX. Vous devez donc passer par les feedbacks pour créer et améliorer l’expérience autour d’un site, une application, une interface ou un outil.
On confond souvent UI (User Interface) avec UX. De plus, on considère parfois l’UX comme un processus de travail avec des phases précises (architecture, prototypage, test utilisateur…) plus que comme une phase spécifique de ce processus. L’UX est primordial surtout pour des sites sur lesquels un utilisateur doit effectuer une tâche spécifique comme l’achat d’un billet, la gestion de contenu, etc. Il est donc essentiel que la phase expérientielle soit anticipée (pour les plus chevronnés), testée, mais surtout répercutée sur l’outil pour l’améliorer (et ce même si le site est déjà online). L’objectif del’UX est aussi d’écouter les retours des utilisateurs. Un site n’est pas un produit statique, mais bel et bien vivant.

NT. C’est la base de mon travail. En UX, on dit qu’il est difficile de construire une maison sans en avoir fait les plans auparavant. Cette comparaison s’applique aussi à la réalisation d’un site web. Il n’est pas nécessaire d’être un expert en UX, mais connaître les principes de base et les standards web sont deux éléments clés pour la création d’un site.

JF. Oui il est très important de prendre l’utilisateur en compte. L’UX est un métier d’experts au service et dans le respect de son client et des utilisateurs.

C’est un outil que j’applique autant pour des sites web que dans des concepts stratégiques, car je pense que notre monde créatif et commercial a sous-estimé cet aspect. Nous devons apporter une expérience et non de simples slogans.

FC. L’expérience utilisateur est différente si l’on crée un blog ou un site e-commerce. Quoi qu’il en soit, il faut toujours essayer de rester simple et original sans proposer de trop grands changements d’habitudes pour le visiteur. Sous peine de le voir quitter le site rapidement !

7. Travaillez-vous en agence, comme indépendant ? Quelle est la meilleure option ?

FC. Je travaille en agence depuis 1995, après deux ans passés en tant qu’indépendant. Je suis actuellement en poste chez Théorème Communication, depuis 2005, où je m’épanouis grâce à la liberté d’action qui m’est accordée. Pour moi, le travail en agence est plus intéressant et plus motivant. L’échange au sein d’une équipe permet de dépasser certains blocages, d’être plus créatif. Il me permet en outre de me concentrer sur mon métier, et m’évite les tâches administratives et commerciales qui me sont particulièrement fastidieuses.

MC. J’ai commencé par l’entreprenariat en 1997, le freelancing ensuite, puis le travail en agence jusqu’en 2010 pour revenir, depuis juin 2011, à l’entreprenariat. Il n’y a pas d’option meilleure que l’autre, c’est une question d’évolution, de maturité personnelle, ainsi que d’opportunités et d’état du marché. L’essentiel dans un parcours professionnel, c’est de faire des choix et de prendre les décisions au bon moment. J’ai aimé chacune des étapes de mon parcours. Le plus important est de ne pas avoir peur de changer. Il me semble essentiel que, lorsque vous êtes allé au bout d’une expérience, de tenter autre chose. Ceci dit, l’entreprenariat est aujourd’hui une étape évidente dans mon parcours personnel. J’ai le recul, l’expérience et le marché est prêt pour accueillir le type d’expertise que nous proposons dans notre entreprise Relax In The Air.

NT. Je travaille en agence, chez :ratio à Lausanne. Pendant mes études, j’ai été indépendante, ce qui était une solution plus flexible. Toutefois, je préfère le travail en agence. Le contact avec les collègues reste intéressant et enrichissant même si je suis de nature réservée. La prospection ne fait pas partie de mes tâches et on a une meilleure crédibilité envers les clients lorsque l’on est en agence.

JF. J’ai un peu tout testé ! J’ai travaillé en agence, en tant que freelance, en tant qu’indépendant avec Hi-D.CH pendant 5 ans, puis 2 ans en Sàrl et aujourd’hui je suis chez B+G & Partners SA à Montreux.

Je ne pense pas qu’il y ait une option meilleure qu’une autre. Il y a des expériences à faire, des gens à rencontrer, des choses à apprendre.

Le plus important pour moi est la passion et l’envie de faire ce métier. Nous sommes là pour apporter un sourire, un peu de magie et ça il ne faut pas l’oublier. Nous sommes des vendeurs de magie et non de tapis !

FC. Je suis indépendant depuis 2006. Auparavant j’ai travaillé en SSII pendant quelques années. Je pense que les deux expériences sont intéressantes, et pour des raisons différentes. Personnellement, je suis plutôt pour l’alternance. L’indépendance permet le choix et la liberté mais n’apporte pas la stabilité d’un poste en agence. Et en agence, il est plus difficile de choisir les projets sur lesquels on aimerait travailler. Donc, il faut bien peser le pour et le contre.

8. Quelles seront les tendances du web en 2012 ?

FC. Comme je l’ai dit précédemment, je pense que le responsive webdesign sera la tendance des années à venir et que l’on verra le déclin des sites en « full flash ». Enfin, j’espère que tous les acteurs de l’industrie feront en sorte d’adopter au maximum le HTML5/CSS3 avec toutes leurs spécifications. Le travail du développeur et du webdesigner reste encore aujourd’hui de l’artisanat, au vu de la multiplicité des différentes plateformes et technologies proposées. Peut-être nous dirigeons-nous vers une forme de standardisation qui permettra à l’industrie de devenir adulte.

MC. Ce que tout le monde sait déjà : hausse de migration des utilisateurs vers le mobile.
Ce que nous devrions faire : travailler plus autour des API.
Ce qui devrait être intéressant : recul du développement d’applications natives et croissance des web apps (avec ou sans encapsulage).
Ce qui devait arriver : une fatigue du social media et la disparition naturelle et progressive des autoproclamés gurus-ninjas-experts-evangelists-specialists des médias sociaux.
Ce que nous allons aimer : une plus grande utilisation de l’image pour communiquer sur les plateformes sociales (Instagram et autres applications photo).
Ce qui va arriver ici : les petites structures digitales agiles vont gagner en puissance sur le marché suisse romand.

NT. Difficile à dire car tout bouge assez vite. Je pense cependant que les entreprises vont de plus en plus intégrer les réseaux sociaux dans leur stratégie de communication.
Stocker ces données dans le « cloud » deviendra une évidence. Le design des sites web sera plus épuré et/ou très illustré. On pourra bientôt faire une fête d’adieux à flash comme Microsoft l’a fait pour IE 6. Vive HTML5/CSS3 et Javascript. Il faudra une meilleure compatibilité des browsers avec les fonctionnalités de HTML5/CSS3 et Javascript, certains ont encore du retard.
Adaptive/responsive design seront une évidence pour tous les webdesigners, qui auront ainsi un plus grand choix dans les typos pour le web.
Les agences de communication « classiques » qui n’ont pas suivi cette évolution vont probablement souffrir, compte tenu de la conjoncture économique qui va pousser les annonceurs à communiquer via des canaux moins coûteux que, par exemple, celui du print.

JF. Je pense que nous mettons en place des outils, des services qui se focalisent de plus en plus sur « l’amélioration de notre quotidien ». 2012 verra émerger des services centrés autour de la personne. Le web devient un monde d’applications apportant des réponses instantanées aux difficultés ou aux manques du quotidien.

FC. On verra l’émergence du responsive web design avec probablement un développement de la typographie web. Les styles graphiques pourraient également évoluer. Tout dépend de ce que les influenceurs auront en tête ! 😉

Propos recueillis par Loris Grillet

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