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Croissance du PIB romand: +2,3% en 2018

L’économie romande semble en passe de se remettre du choc de l’abandon, en janvier 2015, par la Banque nationale suisse du cours plancher de l’euro par rapport au franc. Après s’être inscrite à 0,9% l’an dernier, la croissance de l’économie romande devrait remonter à 2,3% cette année. L’an prochain, elle devrait se maintenir à un rythme relativement élevé, 1,9%, selon les prévisions de croissance du PIB romand publiées ce jour par les six banques cantonales romandes, en collaboration avec l’Institut CREA et le Forum des 100 du quotidien Le Temps.

Comme l’économie suisse, la Suisse romande bénéficie de la remontée du cours de l’euro par rap- port au franc et de l’embellie conjonc- turelle sur le plan mondial. L’an dernier a marqué un tournant. Si le franc s’était déjà un peu déprécié depuis janvier 2015, le mouvement s’est accéléré à partir de l’été. Ainsi, depuis début 2017, le franc a perdu environ 10% de sa valeur par rapport à l’euro. Sur le plan international, la croissance mon- diale s’est approchée de la barre des 4% en 2017, un niveau qu’elle n’avait plus connu depuis l’énergique rebond qui avait suivi la récession de 2009. Fait réjouissant: cette croissance est bien répartie, elle est portée aussi bien par les économies émergentes que par les pays industrialisés. De plus, l’économie mondiale devrait maintenir son allure cette année et l’an prochain.

Cet environnement conjoncturel favorable permet aux prévisions du CREA pour la Suisse romande publiées dans la 11e étude sur le produit intérieur brut (PIB) romand de s’inscrire clairement au-dessus de la barre de 1%, autour de laquelle la croissance romande avait oscillé entre 2015 et 2017, et ce aussi bien pour 2018 que pour 2019.

En 2017, le rythme de croissance un peu timide de 0,9% s’expliquait notamment par un premier semestre morose dans le secteur tertiaire, qu’un rebond dans les services financiers et l’hôtellerie-restauration n’est pas parvenu à compenser. A l’inverse, la conjoncture romande a été soutenue par les activités manufacturières, en particulier la chimie-pharma, l’industrie des machines et l’horlogerie, qui ont bénéficié de l’amélioration du contexte conjoncturel mondial et de la remontée du cours de l’euro.
En 2018 et 2019, la reprise devrait reposer sur une large assise et des impulsions sont attendues aussi bien en provenance du secteur secondaire que du secteur tertiaire. Les activités manufacturières devraient poursuivre sur leur lancée, grâce à un envi- ronnement conjoncturel favorable. Dans la construction, toutefois, la dynamique reste modérée par rapport aux années précédentes. En ce qui concerne les activités de services, le commerce, les services aux entreprises et les activités immobilières, les services publics et parapublics, les services financiers, ainsi que les transports et com- munications et l’hôtellerie-restauration devraient alimenter la croissance.

Une certaine prudence reste cependant de mise, de multiples facteurs de risque étant toujours présents. Il s’agit notamment des incertitudes concernant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, des foyers de tensions géopolitiques, de la normalisation de la politique monétaire aux Etats-Unis et de celle à venir dans la zone euro ainsi que du risque de guerre commerciale. Un retour de l’incertitude pourrait peser sur la croissance mondiale ou exercer une pression haussière sur le franc.

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Victoria Marchand

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