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#Edito : Et si le soutien à la presse écrite n’en était pas un ?

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a présenté hier soir son paquet de mesures pour soutenir la presse écrite : 50 millions de francs par an pour aider les sites de contenus payants et 50 millions par an pour réduire le coût de la facture de la distribution postale. Des mesures certes importantes mais qui ne règlent et ne règleront pas le fond du problème. La presse ne souffre pas d’un manque de lecteurs (les audiences en ligne et les résultats de la MACH Basic le prouvent) mais d’un manque d’annonceurs.

On se trompe donc de combat !

Peu importe les millions que l’on va déverser, le trou va continuer à se creuser tant que l’on ne taxera pas les Google et autres Facebook pour la publicité détournée au nez et à la barbe de tous les médias de cette planète.

J’entends déjà vos critiques… “mais ces plateformes sont très efficaces et permettent de communiquer de manière précise à des tarifs imbattables.” C’est totalement vrai, nul ne peut nier ce fait. Mais force est de constater que ces acteurs globaux, assèchent le marché publicitaire sans jamais rien distribuer. Qui a déjà vu un sponsoring de la part d’un GAFA ?

Un excellent article du Wall Street Journal “In News Industry, a Stark Divide Between Haves and Have-Nots” confirme ces dires. Selon les estimations de Borrell Associates et eMarketer. “Les géants de la technologie absorbent 77 % des revenus publicitaires numériques sur les marchés locaux, contre 58 % au niveau national. Et lorsque les entreprises de presse locales essayent de faire équipe avec les entreprises de technologie, en créant des unités de “services de marketing local” qui revendent massivement les annonces Google et Facebook, les marges sont minces.

Le problème continue cet article c’est “qu’au fur et à mesure que le modèle d’affaires du journalisme local s’est effondré, beaucoup de gens dans l’industrie ont commencé à croire qu’ils ne pourraient être sauvés que par la charité ou un soutien extérieur.” Et comble du cynisme sur le marché américain où l’Etat n’interviendra pas, Google et Facebook ont chacun annoncé des engagements de 300 millions de dollars pour aider à renforcer le journalisme, y compris des fonds destinés aux nouvelles locales.

Qui en bénéficiera de toutes ces aides ? Les grands éditeurs ou les “pure players” natifs ? La division entre les acteurs du marché nous rend donc tous encore plus faibles. Et culpabiliser les lecteurs de ne pas payer alors qu’ils soutiennent déjà les titres en consultant leurs contenus en ligne est une terrible erreur…

 

 

 

 

 

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Victoria Marchand

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