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La Commission fédérale du cinéma met en garde contre l’initiative « No Billag »

Réunissant des professionnel-le-s de la branche cinématographique, soit notamment des scénaristes, des réalisateur-trice-s, des producteur-trice-s, des distributeur-trice-s, des programmateur-trice-s, des technicien-ne-s, ou encore des représentant-e-s des festivals ou des services cantonaux de la culture, la Commission, qui s’est réunie ce 31 janvier à Soleure, estime qu’en cas d’acceptation de l’initiative, le film suisse serait vic-time d’une perte importante de soutien aux conséquences désastreuses dans le domaine de la création et de la diffusion en particulier.

Le cinéma suisse contribue de manière significative au rayonnement de la culture suisse. Il reflète la diversité des régions linguistiques. Que ce soit au travers des documentaires ou des fictions, des courts ou des longs métrages, des films d’animation, des capsules sur les médias sociaux, le cinéma est un élément de notre patrimoine affectif, social et culturel, qui ne nous laisse que rarement indifférents ; il éveille des émotions, suscite des débats d’idées et crée de multiples passerelles favorisant une curiosité, une ouverture, une meilleure com-préhension et un dialogue nécessaires entre la Suisse romande, alémanique, tessinoise et rhéto-romanche.

En Suisse, trois piliers contribuent de manière significative au financement de la branche cinématographique, soit la Confédération par l’Office fédéral de la Culture, la SSR et les fondations régionales. La collaboration entre le cinéma et la SSR est définie depuis 1997 dans un contrat, le Pacte de l’audiovisuel et c’est ainsi chaque année un tiers de la production suisse qui est financé par la SSR. Il est évident qu’une baisse des moyens mis à sa disposition constituerait une menace directe sur les ressources allouées au cinéma.

Ces modalités de financement basées sur des critères exigeants en matière de qualité, d’in-dépendance et de genre contribuent à assurer une création aux valeurs reconnues ; il n’est désormais pas rare de voir des cinéastes suisses conquérir des festivals internationaux. Les festivals (à titre d’exemple Locarno, Journée de Soleure, Visions du Réel à Nyon, etc.) sont également soutenus.

Au-delà des flux financier, la SSR est un partenaire incontournable pour les productions et co-productions de séries, de documentaires et de reportages. C’est une expertise reconnue, un savoir-faire à valoriser et à développer qui permet de proposer des productions d’excel-lente qualité et contribuant à la formation du jeune public.
La Commission attire également l’attention sur le fait qu’outre sa dimension artistique, le cinéma est un vecteur économique de première importance avec de nombreux emplois liés à ce secteur d’activité. On ne saurait négliger toutes les compétences requises pour « tourner un film », des techniciens du son …. aux menuisiers pour les décors, des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration concernés par la venue des équipes de tournage, etc…

En cas d’acceptation de l’initiative, aux nombreux emplois réduits ou plus vraisemblablement supprimés dans les télévisions et radios nationales et régionales, il conviendra d’ajouter en-core les nombreux emplois présents dans le domaine du cinéma.

Si la SSR – suite à une acceptation de l’initiative – devait réduire son soutien pour le film suisse, le public n’aura sans doute pas à découvrir des films suisses du genre de « Ma vie de courgette », « L’ordre divin », « Der Goalie bin ig », « Heidi » et bien d’autres pépites suisses. Le cinéma suisse mise sur la poursuite des prometteurs partenariats actuels.

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Victoria Marchand

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