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L’Eurovision 2025 sera l’occasion de mettre en avant la marque « Suisse »

J’ai eu l’opportunité d’assister à cette folle finale de l’Eurovision 2014 à Malmö. Pour l’UER comme pour la télévision suédoise suédoise SVT, cette édition a été celle de tous les dangers. Au final, la victoire suisse a permis d’éteindre bien des débats et a permis que le véritable ADN de cet événement – à savoir la musique – puisse retrouver une place de choix. De plus, la victoire est indiscutable. C’est la meilleure chanson – vote des professionnels et du public – qui l’a emporté.

Un nouveau défi se pose maintenant pour la Suisse : organiser l’événement de l’an prochain. Et ce n’est pas une mince affaire. Cet événement implique que l’on puisse disposer d’une importante salle de spectacle qui reste libre 45 jours pour le montage de la scène, répétitions, les deux semi finales et la finale. Il faut également pouvoir disposer d’une offre hôtelière en quantité et à tous les prix car ce rendez-vous attire plus de 100 000 visiteurs de toute l’Europe et même d’ailleurs ! Il faut pouvoir également pouvoir disposer d’un espace près du lieu du spectacle pour le village fan.

Toutes ces conditions sont incontournables et n’assurent toutefois pas de la réussite populaire de cet événement. A l’instar des événements sportifs planétaires, il s’agit d’une vitrine inestimable pour le pays hôte. Un rendez-vous que l’on ne peut rater ni dans sa version broadcast ni dans sa version événementielle. Car, il s’agit de satisfaire les attentes de deux publics : d’une part quelque 180 millions de téléspectateurs et 200 millions d’internautes (le programme est en libre accès en ligne) qui suivent le concours en direct sur un écran de forme linéaire et un  public local auquel se joignent les amateurs qui ont payé leur billet pour assister aux semi et à la finale qui vont pouvoir vivre l’expérience « village » de fans.

Et, pour ces derniers,  il est indispensable de  créer un esprit festif durant une dizaine de jours pour que l’investissement soit à la hauteur de l’impact. Contenter ce cœur de cible est fondamental car ces fans suivent la compétition année après année quelque soit la destination. Une aubaine pour la ville hôte, les sponsors et les annonceurs. C’est ce qui avait fait le succès de l’édition de Liverpool vs celle de Malmö où la fan zone sécurisée à poussé ce public à visiter Copenhague plutôt que de rester à Malmö.

La marque « pays »
Dans un monde médiatiquement digitalisé et globalisé, le « soft power » est devenu une mesure de la force d’influence d’un pays. Dès lors, même à l’occasion d’un show musical ce qui se joue c’est bien l’image du pays organisateur. La Suisse n’est pas une habituée de cette finale, pourtant voici quelques années quelle se prépare pour la remporter via les Sound’s Camps gérés par SRF. Soutenir les artistes, leur proposer des coaches pour qu’ils puissent améliorer leur musiques et textes, voici trois ans que cette formation « maison » a permis aux concurrents suisses de figurer ces dernières éditions parmi les 5 premiers et aujourd’hui de gagner. Avec la prestation de Nemo qui a réussi a cassé le « code », c’est mission accomplie !

La production télévisée sera belle. Le cahier des charges de l’UE pour la création et la captation des images est parfaitement dans les cordes des équipes de la SSR qui a l’habitude de couvrir des événements sportifs pour des championnats mondiaux. Le choix de la ville hôte sera également un élément déterminant. A ce stade, les candidatures n’ont pas encore commencé mais on sait quelles ne manqueront pas.

Reste la question du budget. Le coût de cet événement est élevé, les estimations tablent entre 20 et 40 millions. Une part du budget incombe au diffuseur public national. Menacé par de prochaines coupes voulues par l’autorité de tutelle et par une prochaine initiative souhaitant limiter la redevance à CHF 200.-, la SSR va toutefois pouvoir compter sur un financement des autres contributeurs de l’UER (chaînes publiques qui font partie de cette alliance professionnelle) ainsi que de la ville hôte et des sponsors. Espérons que ces derniers se mobiliseront fortement. La Suisse a la chance de compter sur de nombreuses marques internationales qui ne sauraient être insensibles à de telles audiences.

Rien qu’en Suisse romande, samedi soir sur RTS 1 et Play RTS, environ 225’000 téléspectateurs ont suivi au moins 15 minutes consécutives de la soirée en direct, communique la RTS. Le pic d’audience a été atteint à 0 h 45 avec 196’000 téléspectateurs simultanés et 66,7% de parts de marché au moment de l’annonce du résultat des votes du public pour la Suisse.

Sur Play RTS, le direct a, par ailleurs, généré 18’400 vues de plus de 10 secondes. Sur SRF1, jusqu’à 800’000 téléspectateurs ont suivi la finale. La part de marché d’une retransmission de l’Eurovision n’a jamais été aussi élevée que cette année, écrit SRF dans un communiqué.

Espérons que pour une fois, on arrête dans ce pays de faire des comptes d’épiciers et que l’on soit fier de mettre en avant la marque Suisse tant pour ses valeurs d’ouverture, d’innovation et de neutralité . Car n’oublions pas que le slogan de l’Eurovision de Malmö est « United by Music ».

Victoria Marchand

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