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Serious game : Genève en 1815

A l’occasion des commémorations du bicentenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération, le comité Ge200.CH a lancé le projet d’un jeu vidéo en 3D permettant l’immersion dans le 19e siècle naissant. C’est la société de production Avenue Digital Media qui l’a réalisé.

Lorsque l’on évoque le monde du jeu vidéo, on pense immédiatement au monde des loisirs. Or, ce support peut offrir aussi une autre expérience : le serious game, qui permet de se former de manière virtuelle. Grâce à ces logiciels de simulation 3D, le joueur peut par exemple accumuler des heures de vol, apprendre un métier ou simplement améliorer ses compétences intellectuelles en expérimentant une formation en totale immersion. Tel est le but de « Genève 1815 », qui a pour ambition de faire découvrir le quotidien de la Cité de Calvin au début du XIXe siècle grâce à une reconstitution basée sur le Plan Céard de 1837. Et que l’on se rassure, le concept ici ne consiste pas uniquement à faire le tour des bâtiments mais bien à découvrir toute une époque sous ses aspects politiques, économiques, sociaux et culturels.

Pour ce faire, le joueur prend la place de personnages appartenant aux différents groupes sociaux qui évoluent au fil de l’histoire : oligarques (grandes familles genevoises), citoyens natifs et habitants. Pour aller chercher des indices et répondre aux questions à choix multiples, il doit se déplacer sur la carte et rencontrer aussi bien des anonymes que des personnes importantes de l’époque, comme Jean-Jacques Rousseau, Charles Pictet de Rochemont, Jacques Grenus, Pyramus de Candolle ou Guillaume-Henri Dufour.

Quand la technologie rencontre l’histoire
Spécialisée dans l’image 3D, l’agence Avenue Digital Media (ADM) a été sélectionnée pour son expérience dans la conception de jeux B2B. Le travail de recherche historique a été finalisé par Openculture, une agence de médiation culturelle. « Ce mandat a été atypique, explique Didier Waldmeyer, associé de ADM, compte tenu du nombre d’intervenants. En général, nous avons un interlocuteur unique. Mais tout s’est bien déroulé et nous avons réussi l’exploit de concevoir un jeu d’une telle envergure pour CHF 200’000. Une première ! »

ADM travaille spécialement pour les secteurs de l’immobilier, l’urbanisme et l’industrie. « Le créneau du serious game est très porteur et la concurrence y est moindre que pour le jeu vidéo. » A tel point que cette agence lausannoise est désormais sollicitée en Chine où elle réalise 20% de son chiffre d’affaires. « Nous avons ouvert une représentation à Singapour afin d’être plus près du marché chinois. »

Et de prédire : « L’amélioration des cartes graphiques sur les mobiles et la commercialisation à large échelle des lunettes de type Occulus vont contribuer à populariser le serious game. De plus, il s’agit d’un support où l’on peut intégrer de la publicité. » Voici encore une petite entreprise qui ne connaît pas la crise…

[ASIDE]

Qu’est-ce que le « serious game » ?

Le monde du jeu vidéo est divisé entre les jeux de divertissement et ceux dits « sérieux » qui reprennent toutefois les techniques de scénarisation et les codes du gaming.
Il existe cinq types de jeux dits sérieux : les advergaming (jeux publicitaires), les edutainment (à vocation éducative), les edumarket games (utilisés pour le communication d’entreprise), les jeux engagés (ou détournés) et les jeux d’entraînement et de simulation.
Ces « serious games » sont principalement utilisés en entreprise dans le but de diffuser un message, de dispenser un entraînement et de permettre l’échange de connaissances.
En 2015, ce marché devrait peser au niveau mondial quelque 10,2 milliards de dollars. [/ASIDE]

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