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Une agence, un jour : BCP à Montréal

photoPremière agence francophone en Amérique du Nord, BCP a été créée par le mythique Jacques Bouchard, l’homme qui a inventé la publicité québécoise. Une visite s’imposait !

« Le web n’est plus une question pour les agences, constate Jonathan Rouxel, le co-directeur de création de BCP. Cela fait déjà plus de 5 ans qu’Internet fait partie du plan média traditionnel. Sans parler des réseaux sociaux dont la crise estudiantine actuelle prouve à quel point ces nouvelles plateformes ont été intégrées par la société québécoise. »
Proposer des campagnes digitales implique-t-il aujourd’hui que l’on ait intégré tous les métiers du web à l’interne ? « En général, les agences de communication gèrent le front et sous-traitent le développement back. Seules les grandes agences proposent tous ces services à l’interne. » Une évolution qui s’est faite sous la pression des annonceurs ? « Oui, contrairement à l’Europe où le client gère la convergence en choisissant les experts pour chaque étape de sa campagne traditionnelle et digitale, ici les marques préfèrent avoir un seul interlocuteur, quitte à y perdre en qualité ou créativité. » Une attitude qui pousse les agences à anticiper les évolutions du marché sans aucun état d’âme.
Ayant eu l’occasion de travailler à Londres, Jonathan Rouxel résume la fracture entre publicitaires européens et nord-américains à ce sujet. « Ici, un publicitaire est d’abord un entrepreneur avant d’être un artiste. Par conséquent, le débat ne tourne pas tant autour de l’idée créative qu’autour du contrôle des opérations. Et une One Stop Shop a fatalement plus d’arguments ! »

Campagne 360°
Comme pour la campagne pour le restaurant gril (le mot steack house est interdit par la Loi 101 !) Bâton Rouge où tous les codes des téléphones roses ont été empruntés. « Nous avons créé des lignes 0800 qui permettent aux clients de découvrir les menus et la préparation des mets par des jeunes femmes très aimables. Tous les visuels, du spot à la page Facebook, s’inspiraient très innocemment de ces lignes érotiques. » Peut-on tout oser ? « Non, car la télévision reste la pierre angulaire du plan média, mais rien ne nous empêche d’oser plus sur le web. » Seul obstacle réel : la langue.
Les versions pour le Canada anglais ou le Québec ne sauraient se résumer à des traductions ou des doublages. « Nous devons à chaque fois prévoir deux castings, deux textes, deux plans média. C’est comme si nous vivions dans deux pays différents. » C’est à ce prix que le Québec a su développer une industrie publicitaire… un exemple très inspirant pour des Suisses !

 

 

 

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